Prix du mépris de classe

Zigzag

Broute de l'herbe
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Les fils de ce type existent déjà sur ce forum, je trouve que "prix du mépris" sonne bien.

Je ne commence pas avec un comportement précis, mais avec un peu de vocabulaire. Pour commencer, le mot "beauf" (et l'idée de beauf). Ensuite, l'expression "mal fréquenté" en parlant par exemple d'un HLM (entendu hier). Ces expressions sont intégrées au langage courant et peu de gens se rendent compte du mépris, et donc peu les remettent en cause.

Sinon, je ne sais pas si on peux parler de mépris de classe, mais il y a le fait de dire que les classes sociales n'existent pas. Le pire, ce sont mes parents qui casent "le prolétariat n'existe plus, c'est dépassé" et "c'est un truc de prolo" dans la même phrase. S'en rendent ils seulement compte ? ;)

Au plaisir de lire vos anecdotes rageantes !
 

Aurélien Bleuz

Jeune bulbe
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Autant je n'ai rien contre mépriser ce qui est méprisable -j'ai les homophobes et les sexistes principalement en ligne de mire ici- autant certaines remarques tout à fait courantes doivent être combattues.

«tu pleures comme une fille», «cesse ta sensiblerie», «gonzesse», «fiotte / tapette / tarlouze....». On retrouve cette catégorie principalement chez les hommes supers virils avec du poil et une énorme paire de.....chromosomes XY. Warf la bonne blague.
C'est un mépris total envers la Femme et les homosexuels. Le danger, selon moi, est que ces termes sont acceptés et largement usités. De plus cela devient excessivement violent lorsque la personne méprisante est celle qui vous éduque (une grosse pensée pour mon « modèle masculin »).
Une chose amusante néanmoins vis à vis de ces personnes est leur profonde lâcheté face au rapport de force (en même temps risquer de se faire démonter par une «fiotte» ça craint). Il y a quelques années j'étais taxé de «gonzesse trop sensible» et là, quelques années de pratiques sportives plus tard ainsi qu'un très faible niveau de self contrôl dans certaines situations (heureusement je ne frappe que les cons), bah y a plus personne. «*** affûtant une pelle sur l'A87 *** On fait moins l'malin maintenant ! ». Bref pour fermer cette parenthèse, si tu vois des paquets de kleenex près de mon lit, c'est parce que j'ai regardé «The Bridges of Madison County»...mais bon visiblement le porno est plus facilement justifiable 🤣.

«autiste» , «triso», «bipolaire» (mention spéciale pour la bipolarité...le gens sont à des dizaines d'années lumières de savoir ce qui se passe dans nos têtes...un truc de fou !). Là c'est une autre catégorie qui souligne l'ignorance de la personne ; mais c'est tellement banal et encore une fois et passé dans le langage courant...Le problème est que ces mots perdent tout leur sens et on oublie ce qu'il y a derrière. Fort heureusement, en règle générale, il suffit d'expliquer au gens ce qu'est un autiste, un trisomique ou un bipolaire pour les calmer un peu. Il faut faire de la pédagogie.

Enfin voilà quoi. A plus !
 

screugneugneu

Broute de l'herbe
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Un type de mépris de classe sociale qui me dérange beaucoup venait paradoxalement d'une certaine gauche parisienne intellectuelle marxiste qui passait par ailleurs son temps à écrire des textes ampoulés et inaccessibles sur la formation des classes et la défense des droits des travailleurs... Certains, venant de milieux intellos, avaient une vision ultra-romantique du "Travailleur", complètement essentialisée et uniforme. Je crois que ça me choque encore plus que du mépris franc et net (enfin je me comprends), car les gars se pensent comme des preux chevaliers justifiant leurs privilèges de classe en défendant la veuve et l'orphelin alors qu'ils ne font que se mettre en scène pour attirer l'attention sur eux pendant que les "travailleurs" leur servent de décor et de faire-valoir.
 
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jess

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Ce dont parle screugneugneu est effectivement édifiant...
J'ai eu un bel exemple à un repas de famille ce week-end, de la part d'un couple de la classe moyenne (lui est commercial chez Enedis, elle bosse au CNRS...), qui défendent perpétuellement des valeurs de gauche, tiennent des grands discours égalitaristes et écolos, militent à FI, mais qui viennent de gruger sur leur adresse pour que leur fille, qui rentre en 6ème, soit dans un collège mieux côté que leur collège de quartier. Et qui reconnaissent eux-même que ça les débecte de faire ça, que sur le principe ils sont profondément contre, mais que, "quand c'est de tes enfants qu'il s'agit, ça remet beaucoup de choses en cause"... Allez, on va dire que j'ai pas d'enfants, donc que je peux pas comprendre...

Pour ce qui est du mot "beauf", il m'arrive de l'utiliser, mais ce que j'y mets va au-delà d'une question de classe, c'est aussi une question d'état d'esprit, celui du mec (quel est l'équivalent féminin ?) qui ne se pose aucune question et qui ne remet rien en question. Et ça, ça se retrouve autant chez le médecin que chez l'ouvrier malheureusement. Donc même si le beauf est associé à une classe sociale, il ne se réduit pas à sa classe sociale et n'en est pas forcément représentatif. On peut être issu d'une classe sociale très populaire et réfléchir, ça n'a rien à voir...

@ aurélien : il y a beaucoup de choses qui se mélangent dans ce que tu décris, sexisme, homophobie, psychophobie, etc. C'est à la fois au-delà et à côté du mépris de lasse, mais c'est représentatif d'une façon de penser qui est généralisée. D'où la notion d'intersectionnalité des luttes sociales.
 

Aurélien Bleuz

Jeune bulbe
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lI y a beaucoup de choses qui se mélangent dans ce que tu décris, sexisme, homophobie, psychophobie, etc. C'est à la fois au-delà et à côté du mépris de lasse, mais c'est représentatif d'une façon de penser qui est généralisée. D'où la notion d'intersectionnalité des luttes sociales.
!!! Ah mais oui carrément à côté de la plaque même.

Dans ma tête c'est resté bloqué sur classe = classement = catégories / appartenances et va savoir je n'ai pas imprimé le côté « classes sociales ». Désolé.
 

Zigzag

Broute de l'herbe
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Concernant l'histoire de la scolarisation, mon père a été mis dans le privé car ils avaient eu plusieurs problèmes dans le public. (problèmes qui n'avaient rien à voir avec le fait que ce soit public, c'était plutôt avec le directeur). Ma grand mère m'a dit "pour le principe je suis pour le public mais l'intérêt des enfants d'abord". J'ai moi-même passé tout mon secondaire et la moitié du primaire dans le privé. (Mon père m'a même dit : "je suis heureux que tu sois retournée dans le public dans le supérieur")

La scolarisation des enfants est un bon indicateur de "mépris de classe" je trouve. Comme elle concerne les enfants-sujet délicat-elle fait apparaitre les préjugés. On peut tenir des discours égalitaristes, jusqu'au jour où une action concrète met en jeu un truc qui nous concerne-ici, la scolarisation de nos enfants.

Ceci dit, je ne suis pas à l'abri de ce mépris si j'ai un jour des enfants.
 

jess

Se gave de B12
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Je ne prétend pas être l'abri non plus. Mais ayant moi-même fait tout mon primaire dans un de ces établissements mal côtés, j'ai un peu de mal avec ce type de jugements, parce que j'estime m'en être pas trop mal sortie ^^. Après, objectivement, j'avais la chance d'être issue d'une famille française, avec un bon niveau linguistique et une relativement bonne culture littéraire. Je suis d'ailleurs rentrée en CP en sachant parfaitement lire et en ayant de très bonnes bases d'écriture, donc avec une bonne longueur d'avance. Mais pour le coup, leur fille aussi grandit dans un environnement privilégié, et je ne pense pas que le collège où elle va y changera grand chose en fait.

@ aurélien : je ne trouve pas que tu étais "complètement à côté de la plaque" ^^. En fait, les problématiques liées aux opressions systémiques s'entrecroisent tellement que je trouve plutôt pertinent de savoir les aborder comme un tout, tant qu'on sait aussi admettre et reconnaitre les spécificités de chacune.
 

screugneugneu

Broute de l'herbe
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Aurélien, la connexion que tu as faite est assez logique comme le dit Jess, et visiblement il fallait que ça sorte de toute façon, t'en avais gros ! :LOL:

Pour l'école c'est exactement ça. Il y en a tellement de parents qui tiennent de grands discours et n'assument pas ensuite quand il s'agit de passer à l'acte. Mais il est vrai que je n'ai pas d'enfant non plus, donc bon...

Je me suis souvenue d'une autre anecdote aussi.
Mon appart en travaux, je squattais chez un collègue, directeur de collection dans une maison d'édition (n'étant pas d'un milieu intello, bosser dans l'édition puis à l'université est pour moi une source inépuisable d'écarquillements d'yeux). A un dîner avec sa maîtresse du moment, issue de la très hautre bourgeoisie, jet-setteuse, celle-ci me demande où je vis et des détails sur mon appartement. Je vivais dans un F2 à Paris, j'étais propriétaire, je m'estimais déjà super privilégiée. Je raconte donc et finit, plus par politesse qu'autre chose, par "et toi, tu vis où alors ?". Elle me répond : "oh moi, mes parents ne m'aurait jamais laissée vivre dans un F2. Dès que je suis partie de chez eux, ils m'ont acheté un 4 pièces !"

Et à un autre moment toujours avec elle : je fumais à l'époque, et j'avais pris une cigarette de son paquet qui traînait sur la table. Elle n'était pas dans les parages, j'en avais plus, il était tard, tout était fermé, et vu le fric qu'elle avait, je ne pensais franchement pas que ce serait un souci. Je fume ma (sa) clope, et quand je la recroise, je la préviens que je lui ai pris une cigarette et que si elle veut je lui en rendrais une quand je me serai acheté un paquet. Elle me dit : "ah non, il faut pas faire ça, j'importe mes cigarettes spécialement de Suisse, il ne faut pas m'en prendre. Je t'achèterai un paquet au tabac demain si tu veux". :ROFLMAO::ROFLMAO::ROFLMAO::ROFLMAO:
 
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