Que pensez-vous de la notion "d'humanité"

Fujimoto

Jeune bulbe
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Là où la nétiquette est présente
Bonjour,
Je n'ai pas trouvé de sujets traitant de ce qui va suivre.

Je précise directement, par humanité, je parle de cette définition (wikipedia) : "L'humanité réunit aussi certains des traits de personnalité d'un individu qui, par exemple, amplifient les qualités ou les valeurs considérées comme essentielles à l'humain, telles que la bonté, la générosité."

Personnellement, je trouve que cette notion est ridicule. On dit par exemple que les tueurs en série ont "perdus leur humanité". Pourquoi utilise t-on le mot humanité comme si c'était quelque chose de positif ? Je ne souhaite pas créer de débats avec ça (ce n'est ici que mon opinion, et je m'excuse s'il y en a qui ne sont pas d'accord avec ce qui va suivre), mais je trouve que c'est pareil que les féministes qui disent que "le féminisme, c'est l'égalité entre les sexes" alors qu'il y a déjà le mot égalitarisme et que féminisme inclus uniquement "féminin" (ce qui n'est pas égalitaire). Je trouve que c'est pareil pour le mot "humanité". Comme si seul les humains étaient capables de "bonté", de "générosité" et de "compassion", alors que l'humain en a souvent moins que les animaux eux mêmes. De plus, tous ces traits positifs, la plupart des gens les partagent uniquement avec d'autres humains (spécisme). On ne peut pas dire qu'un omnivore fait preuve de bonté, de générosité et de compassion à l'égard des animaux. Je trouve donc cela hypocrite qu'on parle d'humanité tandis que la majorité des gens sont spécistes et n'éprouvent aucun intérêt pour les autres espèces (sauf si elles leur profite, comme avec les chiens, chats, chevaux...). Et même si c'était le cas, on devrait trouver un autre terme selon moi, car comme je l'ai dit précédemment, il n'y a pas que l'humain qui est capable de faire des choses positives. Je trouve que ce terme est une propagande visant à attribuer des caractéristiques positives uniquement à des humains (pour glorifier l'humanité). Personne ne parlerait qu'un animal est empli "d'humanité" par exemple.

Voilà. Qu'en pensez-vous ?
 

Excalibur

Massacre des légumes
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Complètement d'accord avec la notion d'humanité, dire qu'un humain fait preuve d"inhumanité" m'a toujours fait tilter, c'est juste absurde.
Pour les termes de féminisme et égalitarisme ça a déjà été débattu ailleurs sur le fofo, tu peux faire une recherche pour lire les différents arguments si tu es intéressé.
 

HaricotPrincesse

Fait crier les carottes
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Toute langue (sauf peut-être des langues construites) a ses paradoxes, ses incohérences. Une langue évolue sans chercher à être logique. C’est donc normal qu’on ait de telles incongruités.

Il faut prendre le sens d’un mot tel qu’il est et ne pas s’encombrer de son origine.¹ (Sinon, on devrait réclamer son salaire en sel et éprouver un sentiment étrange à l’idée de manger dans de la porcelaine. ;))

H.

1. Cette affirmation n’est pas absolue : le langage est aussi politique, et des mouvements cherchent à changer le sens de mots ou à les remplacer par d’autres, moins entachés par leur origine.
 

Aurèle

Jeune bulbe
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Je souhaite juste rebondir sur l'évocation ici du féminisme qui inclus uniquement féminin. Et donc, sous-entendu exclue t-il les hommes ?

Premièrement, il me semble qu'il faut situer le féminisme sur le plan de la lutte contre la domination, masculine certes; mais domination qui s'inscrit aussi dans l’inconscient des femmes et empêchent leur émancipation ?
Et si l'on parle domination, on peut à mon sens inscrire le féminisme dans la lutte pour le droit des minorités. Et là vous faites peut-être les gros yeux. Les minorités ? Alors que les femmes représentent 50 à 52% de l'humanité ?
Et bien oui, car à mon sens, il faut toujours garder à l'esprit que la minorité n'est pas (toujours) une question de nombre mais de pouvoir, de domination, de capacité de coercition. Ainsi, on peut être fortement majoritaire en nombre mais subir un joug écrasant.

Exemple de l'esclavage. Un maître était considéré comme supérieur à n'importe quel nombre d'esclaves qu'il possédait.

Exemple du spécisme. La vie d'un homme sera considérée comme éminemment supérieure à n'importe quel nombre de vies animales. A l'heure où la vie animale ne vaut rien. Enfin si, elle a valeur purement économique mais elle ne vaut rien en tant que tel. Je me rappelle que lorsque j'étais enfant, on m'apprenait que tel animal était utile, tel autre était nuisible. Le garçonnet curieux que j'étais, aimait catégoriser les animaux selon ce schéma qui paraissait immuable, irréfutable. Bref, une vision anthropocentriste qui donne une valeur d'utilité mais qui ne s'interroge pas sur le droit légitime d'exister en tant que tel, sans souci d’être utile à l'homme ou non. La vie ne se mesure pas en terme d'utilité. D'ailleurs, l'homme est-il utile ou nuisible. A la planète, à l'animal, à l'homme lui-même ? La question ne semblait pas se poser. Elle se pose aujourd'hui de plus en plus avec l'anthropocène et cela peut donner le vertige.

je reviens sur le sujet des minorités. A l"heure où l'on massacre 3 millions d'animaux quotidiennement en France pour servir un appétit dont le seul motif est le plaisir, non la nécessité. Les animaux non-humains, bien que par milliards massacrés, sont donc des minorités dont on fait (presque) ce que l'on veut*.

Et là cela donne du grain au moulin des personnes qui s'engagent pour donner une voix à ceux qui n'en ont pas et ne peuvent se défendre de notre humanité, de notre bonté et de notre générosité pour reprendre les termes du post initial. Leur lutte est noble et juste.

* En fait non, on ne fait pas ce que l'on veut. Et cela me parait très paradoxal, schizophrène.
Donner des coups de poing à un animal est un signe de maltraitance, y compris dans un abattoir et donc (en théorie) répréhensible par la loi. Un employé d'abattoir a été condamné il y a quelques années pour avoir crevé l’œil d'une vache me semble t-il, vache qui allait être tuée quelques minutes après. Et si cela n'excuse rien, l’œil crevé c'est punissable. La mise à mort, non.
Lui donner des coups modérés (sic) pour faire avancer l'animal récalcitrant vers son triste sort est autorisé. L'égorger à vif ou après étourdissement n'est pas une maltraitance. Le gazer n'est pas une maltraitance. Les élever entasser les uns sur les autres, ce n'est pas une maltraitance. Doper leur croissance pour en faire des monstres génétiques, malades, incapables de se mouvoir... etc, ce n'est pas de la maltraitance.
Si je veux me lancer dans l'exploitation de cochons, vaches, poulets etc... je suis encouragé financièrement mais si je désire ouvrir un élevage et un abattoir de chiens et de chats, je me place sous le coup de la loi et risque la prison. C'est pourtant autorisé dans certains pays du monde (élevage de saint-Bernard par exemple en Asie du sud-est). En Europe me semble t-il, les derniers élevages de chiens ou de chats (pour leur viande) étaient encore autorisés il y a quelques décennies (interdiction entre les deux guerres mondiales ?). Aujourd'hui, cela paraîtrait inacceptable pour 99% des français alors que fondamentalement, quelle différence y a t-il entre la monstruosité d'un élevage de veaux par exemple et un autre de chiens ou de chats ? Pourquoi accepte t-on l'un et éprouve t-on une forte répugnance pour l'autre ? Bref, voilà quelques paradoxes de notre spécisme que je voulais soulever.
 

Tigresse

Moulin à graines
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Me cherchez pas ici, je suis ailleurs
Y a pas si longtemps que ça, pendant les guerres mondiales, des gens qui mangeaient ce qu'ils pouvaient attraper, c'était pas rare. Dont notamment du chat (qui avait la réputation d'avoir un goût proche du lapin).
Donc bon... " inacceptable pour 99% des français".... y en a quand même qui doivent se rappeler qu'ils en ont mangé dans leur jeunesse.
 

jess

Se gave de B12
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Ganges / Montpellier
@ Fujimoto :
Pour moi, la notion d'humanité n'est rien d'autre qu'une idéalisation de l'être humain et de sa soit-disant supériorité morale, censée expliquer sa supériorité sociale. C'est un archaïsme absurde issu du siècle des Lumières et de son soit-disant Humanisme justement (on est humaniste mais on fait de la traite d'esclaves, belle logique...)

Concernant le féminisme, non, féminisme ne veut pas dire égalitarisme.
Le féminisme est une forme parmi d'autres d'égalitarisme, au même titre que les luttes anti-racistes, anti-LGBTphobies, et toutes les luttes sociales de manière générale.
Le féminisme s'attaque aux inégalités sociales liées spécifiquement au genre, il ne prône pas nécessairement l'égalité à tout point de vue. Il existe dailleurs divers courants dans le féminisme, certains qui élargissent leurs problématiques à l'ensemble des luttes sociales (ça s'appelle l'intersectionnalité), et d'autres qui, malheureusement, rejettent les autres formes d'exclusion sociale.
Cependant, comme le dit justement Excalibur, le sens du mot féminisme et les différents types de féminisme ont déjà été abordé et débattu à de nombreuses reprises sur le forum, et donc, si tu souhaites t'informer davantage sur cette problématique et comprendre mieux ce qu'elle recouvre, je te laisse le soin de chercher par toi-même.

@ Aurele :
Ce que tu dis sur les femmes en tant que minorité est tout à fait vrai.
Le fait que les femmes représentent plus de 50% de la population est un argument qui est d'ailleurs souvent utilisé par les détracteurs du féminisme, qui s'accommodent très bien d'oublier qu'il y a 2 définitions au mot minorité : une définition mathématique (auquel cas les femmes sont effectivement majoritaires), et une définition sociologique.
Et, au sens sociologique du terme, les femmes sont tout à fait une minorité : une catégorie de la population en état d'infériorité sociale par rapport à une autre catégorie de population qui sera elle définie comme la majorité ; en l'occurrence, les hommes.
 

Aurèle

Jeune bulbe
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@Tigresse

Il m'est arrivé une fois de discuter avec une personne ayant mangé des viandes "exotiques" type chien, singe, serpent et d'autres dont je ne me rappelle pas. Quelqu'un ayant un ancrage au Cameroun. Mais globalement, je pense qu'il est admis dans les mœurs françaises que ce genre de pratique est marginal. Et suscite globalement la réprobation, pas loin du moralement inacceptable ? Y compris chez les carnistes qui pour l'immense majorité n'ont jamais mangé ni du chien, ni du chat (quoique en lasagne ou en steak haché, sait-on jamais. C'est une boutade). Immense majorité de carnistes qui seraient opposés (à mon sens, je peux me tromper) à ce que l'on autorise demain un retour de la consommation de chien ou de chat en France. Exposés en morceaux chez le boucher entre des tranches de jambon et des escalopes de poulet, cuisses de chien, filets de chat... Vision d'horreur pour la plupart des carnistes.

Au passage, la viande du chien en Chine suscite de plus en plus de controverses. De plus en plus de chinois ayant des animaux domestiques s'opposent à ces pratiques...
Je rappellerai qu'en France, on consomme du lapin, du cheval, du cochon. Certains des congénères de ces animaux qui finissent dans les abattoirs sont pourtant considérés comme domestiques, des membres de la famille, enterrés à leur mort etc...

N'étant pas concerné par une pratique, on la rejette au nom de l'étrangeté ou la barbarie. Cela ne bouscule pas nos intérêts. Ce qui est finalement assez commode et ne suscite aucune introspection sur ses propres pratiques. C'est un peu la même chose avec les quelques 80% de français opposés à la Corrida (source A. Caron) et même un peu plus de 50% d'opposition dans des départements ayant une culture et des intérêts financiers sur la corrida.
Même chose pour les gens opposés à la chasse. Car bien sûr, ils ne chassent pas. Mais qui continuent à consommer de la viande sans vergogne et seraient indignés qu'on leur interdise demain de manger viande et poisson au nom de leur liberté, de leur droit de faire ce qu'ils veulent etc... Arguments pourtant irrecevables mais largement entendus.

Dès qu'on est concerné, on cherche finalement à préserver ses privilèges. Il est commode de pointer du doigt la paille chez le voisin - par exemple, le chinois est un "sauvage", mange du pangolin ou du chien - sans voir la poutre dans le sien. Et je suis le premier à avoir mis du temps à extirper cette poutre.

J'essaye de m'éveiller, de sortir de mes propres préjugés, contradictions lesquelles sont bien confortables. Et souvent je suis désespéré par la complaisance, l'inertie, l'atonie de mes semblables qui non seulement ne semblent pas progresser (mais ça, je suis peut-être trop pessimiste, sévère) mais semblent trouver un intérêt moral, financier, culturel à cet obscurantisme sociétal, à en entretenir les injustices, à les défendre et même inverser le processus de domination dans l'argumentaire, fallacieusement. Celui qui lutte désespérément pour ses droits ou pour ceux d'autrui devient de manière inacceptable l'oppresseur. On condamne sa lutte, c'est un extrémiste, un empêcheur de tourner en rond, un représentant d'un lobby puissant et obscur etc... Désolé pour ces laïus peut-être un peu sibyllins mais le sujet m'est épidermique et cela doit parfois sortir tel que ça vient.
 
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