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Messagede Xav » 02 Mar 2019, 18:10

Le flexitarisme, cheval de Troie du lobby de la viande ou du véganisme ?

Le « flexitarisme », un régime encore flou récupéré par le lobby de la viande
Faute de définition consensuelle, si ce n’est une consommation limitée de viande, la profession accapare le terme et vante le « mangez mieux » à défaut du mangez moins.

Par Julie Bienvenu, LE MONDE, 01-03-2019

Selon la définition du Robert 2019, est « flexitarien » celui qui « limite sa consommation de viande sans être exclusivement végétarien ». Il y a donc de quoi être étonné en découvrant, au milieu du hall 1 du Salon de l’agriculture, entre les vaches salers et les moutons berrichons, un immense stand verdoyant baptisé « Le Flexitarien », surmonté d’un arc-en-ciel vantant la « Planète flexi ». Voire carrément stupéfait en découvrant que ce stand est tenu par… Interbev, l’Association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes.

La filière de la viande a lancé, mi-février, sa campagne de communication « Naturellement flexitariens » autour du thème « Aimez la viande, mangez-en mieux », avec des spots publicitaires au cinéma, à la télévision mais aussi sur Internet et les réseaux sociaux, créant même un compte Twitter simplement, et très habilement, nommé @LesFlexitariens.

Pour Dominique Langlois, président d’Interbev, cette campagne est le résultat de plus d’un an de réflexion de la filière. Sa définition du flexitarien ? « Un consommateur qui veut une réassurance – sur l’origine de la viande, la santé, la durabilité de la planète – et a un souci de consommation équilibrée, diversifiée, qui mange donc des légumes et de la viande en quantité raisonnable. » Bref, pour lui, c’est « l’omnivore du XXIe siècle ».

Les chiffres semblent lui donner raison : 34 % des personnes interrogées par le cabinet d’étude Kantar en septembre 2018 se déclaraient flexitariennes.
« L’interprofession a bien compris que la société change et le débat sur la qualité et la traçabilité a lieu aussi parmi les agriculteurs », reconnaît Mathilde Théry, chargée de campagne alimentation à Greenpeace. Mais pour elle, « Interbev a une utilisation frauduleuse, ou au moins trompeuse, du terme flexitarisme car ils parlent du “manger mieux”, mais oublient le “manger moins”. »

Un même mot, mais deux visions finalement assez éloignées. « La définition est… flexible », s’amuse Jean-Paul Curtay, coauteur de Moins de viande (Solar, 2018). Après le Robert en 2017, le Larousse a proposé sa définition en mai 2018 : le flexitarisme est un « mode d’alimentation principalement végétarien, mais incluant occasionnellement de la viande ou du poisson ».

De la viande, mais à quel rythme ?
Reste à définir cet « occasionnellement ». « Deux portions de viande et une portion de poisson dans la semaine », comme l’indique le site Le Flexitarisme ? « D’une fois par semaine à une fois par mois », comme le définissent les principales études scientifiques sur ce thème, selon Edouard Pélissier, auteur de Végétarien, végan ou flexitarien ? (Odile Jacob, février 2019) ?

Au Salon de l’agriculture, c’est en tout cas les morceaux de viande qui s’imposent et s’étalent dans les vitrines, modestement entourés de deux ou trois choux-fleurs. Les recettes proposées par les chefs sont toutes à base de viande, et les légumes sont quelque peu relégués au second plan, loin de leur slogan « Aimez la viande, mangez des légumes ».

Pour M. Langlois, pas question de réduire la quantité de viande consommée car, plaide-t-il, elle a déjà chuté de 12 % en dix ans, selon une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) de septembre 2018.
Le président d’Interbev assure qu’« aujourd’hui en France on mange seulement trois repas avec de la viande par semaine, soit 320 grammes, ce qui est en dessous des recommandations du programme national nutrition santé (PNNS), qui préconise 500 grammes de viande par semaine ». Un comptage « biaisé » selon le président du PNNS, Serge Hercberg :
« Si vous faites la moyenne, vous arrivez peut-être à ce chiffre, mais ce qui nous intéresse c’est les grands consommateurs. Nous avons donc établi un seuil maximal de 500 g de viande (hors volaille), soit environ trois steaks par semaine. »

Un acte « intelligent » selon Emmanuel Macron
De plus, le lobby de la viande n’inclut pas tous les ingrédients carnés dans son calcul, comme la volaille, le gibier, les produits tripiers ou encore la charcuterie, qui font grimper la consommation totale de produits carnés à près d’un kilogramme par Français et par semaine selon le Crédoc.
« Notre message est clair, insiste M. Hercberg. Il faut limiter la consommation de viande chez ceux qui en mangent. On ne dit pas qu’il faut manger de la viande, notamment rouge, car de nombreuses études scientifiques ont montré qu’il y a des risques et que ce n’est pas nécessaire pour la santé. » Un changement de discours radical, puisque les précédentes recommandations de Santé publique France étaient de manger du poisson, de la viande ou des œufs une à deux fois par jour.
La reprise de cette notion par Interbev est un acte « intelligent » selon Emmanuel Macron, qui a fait un arrêt à ce stand lors de sa visite, samedi 23 février. C’est « une évolution importante de leur discours », se félicite également Greenpeace, « mais cela reste un coup de com’ ».

— Le 02 Mar 2019, 21:12, fusion automatique du message précédent —

Sur le même thème : Insolente Veggie cuisine le stand Flexitarien d'Interbev :popcorn:
http://www.insolente-veggie.com/une-veg ... ison-2019/
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Re: Actualité

Messagede HaricotPrincesse » 03 Mar 2019, 11:51

Le président d’Interbev assure qu’« aujourd’hui en France on mange seulement trois repas avec de la viande par semaine, soit 320 grammes, ce qui est en dessous des recommandations du programme national nutrition santé (PNNS), qui préconise 500 grammes de viande par semaine ».
Zim boum ! Ni vu, ni connu, je te transforme une limite maximale en recommandation.

H.
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« On est quand même malins : on a adopté une cause où manger est un acte militant. :^^: » – P.
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Véganes et éleveurs paysans, deux camps irréconciliables ?

Messagede Pommier » 17 Mar 2019, 10:10

La lutte politique pour les droits des animaux mène les militants animalistes à s’opposer au monde de l’élevage et à contester la légitimité de nombre de ses pratiques actuelles. Mais la politique est aussi l’art de créer des convergences d’intérêt. Celle des abolitionnistes et des éleveurs paysans est-elle souhaitable ?

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