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La prostitution volontaire, pour, contre, s'en branle ?

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Re: La prostitution volontaire, pour, contre, s'en branle ?

Messagede Jaina » 18 Jan 2017, 23:08

Excuse moi Jess mais la première réaction que j'ai eu en lisant ce qu'elle avait posté sur FB c'es WTF !?!

Je comprends que tu sois en colère, ça m'a énervée aussi ! Et puis désolée de faire un raccourci mais ça revient quand même à dire que si tu n'es pas blanche et/ou que tu es trans c'est moins grave de se faire violer et je ne peux pas tolérer de lire ça, c'est au-dessus de mes forces.

Pour en revenir à l'objet du message, personnellement je ne crois pas à la prostitution "volontaire"... Je pense qu'il y a toujours une souffrance derrière, quelle qu'elle soit. Encore une fois c'est un point de vue.
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Re: La prostitution volontaire, pour, contre, s'en branle ?

Messagede V3nom » 18 Jan 2017, 23:14

Déjà je ne vois pas trop de rapport entre "pro-sexe" et son discours (bon en fait j'ai du mal entre pro-sexe et dépénalisation donc bon), mais surtout... Tu es sûre qu'elle est féministe ?
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Re: La prostitution volontaire, pour, contre, s'en branle ?

Messagede jess » 18 Jan 2017, 23:21

Jaina a écrit: Et puis désolée de faire un raccourci mais ça revient quand même à dire que si tu n'es pas blanche et/ou que tu es trans c'est moins grave de se faire violer et je ne peux pas tolérer de lire ça, c'est au-dessus de mes forces.


Oui, en effet, c'est énervant. Par contre, je vois pas trop de quoi tu déduis ça en fait ? L'idée qu'elle défend, c'est plutôt le contraire, que les féministes cis blanches en ont rien à foutre des racisées et des trans et que c'est une honte.

V3nom, j'ai moi aussi beaucoup de mal avec cette appellation "pro-sexe" pour désigner les féministes pro-prostitution et pro-porno qui, pour moi, ne sont pas du sexe. C'est pour ça que j'ai mis des guillemets. Mais c'est pas moi qui fait la terminologie ^^
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Re: La prostitution volontaire, pour, contre, s'en branle ?

Messagede Jaina » 18 Jan 2017, 23:28

jess a écrit:Oui, en effet, c'est énervant. Par contre, je vois pas trop de quoi tu déduis ça en fait ? L'idée qu'elle défend, c'est plutôt le contraire, que les féministes cis blanches en ont rien à foutre des racisées et des trans et que c'est une honte.


Au temps pour moi, j'ai certainement lu cette partie en diagonale :facepalm:
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Re: La prostitution volontaire, pour, contre, s'en branle ?

Messagede akkana » 06 Fév 2017, 16:19

Je remonte pour partager un article, cette fois en français, sur la décriminalisation du proxénétisme qui est la revendication principale des organisations de travailleurs de sexe sous prétexte que ça aiderait les prostituées.

Etant donné que pour ce milieu, les proxo sont tout autant considérés comme des travailleurs du sexe que les prostituées, et donc membres à part entière de ces assos, pas étonnant qu'ils défendent leurs intérêts... Qui sont les mêmes que celles des prostituées évidemment, patron/employée même combat, faisons syndicat commun! :facepalm:

https://ressourcesprostitution.wordpress.com/2017/02/06/propagande-pro-prostitution-une-etude-de-cas/

« Et si tous les autres acceptaient le mensonge que le Parti imposait –si tous les fichiers contaient la même histoire- alors le mensonge passait dans l’Histoire et devenait vérité. ‘Celui qui contrôle le passé’ scandait le slogan du Parti, ‘contrôle le futur : celui qui contrôle le présent contrôle le passé ». George Orwell

« Il ne serait pas impossible de prouver avec assez de répétition et une compréhension psychologique des personnes concernés, qu’un carré est en fait un cercle. Ce ne sont que de simples mots et les mots peuvent être moulés jusqu’à ce qu’ils revêtent des idées et se déguisent. » Goebbels

Récemment, l’ECP – The English Collective of Prostitutes (Le collectif Anglais des Prostituées) – a lancé une campagne émotive appelée Make Mum Safer (Plus de Sécurité pour Maman), qui floute les frontières entre prostituées et profiteurs. La campagne a publié un film, banal, mielleux, et émotionnellement manipulateur qui mettait en scène une poupée utilisée à la place d’une mère qui va travailler en tant que prostituée mais qui est tuée parce qu’elle doit travailler toute seule. Dans la rue.

Le film est utilisé pour défendre la décriminalisation de l’industrie du sexe, mais dans la tradition de propagande de Sergei Eisenstein*, il demande une chose verbalement, tout en exposant une autre différente visuellement. C’est une puissante technique qui bien évidemment manipule les émotions des participantEs qui soutiennent la campagne.

Qu’est-ce-que je veux dire ?

Presque toutes les personnes qui ont un intérêt sincère dans ce sujet croient en une forme de décriminalisation de l’industrie du sexe, plus particulièrement de celles et ceux qui travaillent dans la rue et généralement de toute personne prostituée. En cas de désaccord, la question porte sur savoir si les proxénètes devraient être décriminalisés ou pas. On ne va pas y aller par quatre chemins, l’ECP et compagnie, soutiennent à 100% la décriminalisation absolue de toute forme de proxénétisme, à partir du moment où la fille n’a pas un flingue sur la tempe.

Je ne voudrais pas rabâcher, mais quiconque est familier des nations permissives envers le proxénétisme (allez, appelons-les les NPP !) – comme l’Allemagne ou la Nouvelle-Zélande – sait que cette forme de décriminalisation de l’industrie ne se préoccupe pas de l’émancipation individuelle des femmes dans de petites coopératives, mais a plutôt permis des opérations industrielles à grande échelle ; larges bordels qui n’emploient pas les femmes mais qui leur louent leurs espaces sous contrat, et qui préparent leur locaux pour absorber le profit de l’industrie permettant ainsi à un petit nombre d’hommes de se faire beaucoup d’argent.

En Allemagne, le problème est encore plus endémique – fait que l’ECP imputerait sûrement à la légère différence de législation sur le proxénétisme – mais n’importe quelle saine analyse mettrait sûrement en évidence le lien entre la plus grande population et richesse de l’Allemagne et sa culture plus vorace de « méga-bordels ». Même si les propriétaires multimillionnaires néozélandais comme les frères Chow, qui possèdent la majorité de l’industrie du sexe de Wellington, font de leur mieux pour rattraper leur retard.

Si l’ECP avait été plus honnête et avait inclut à la fin de son film, un propriétaire de bordel avec un bronzage de poulet rôti, avec sa chemise en soie couverte de sueur et des chaussures en peau de crocodile, enfonçant l’argent des filles dans ses pantalons, à l’intérieur d’un bâtiment tapageur débordant de douzaines, voire de centaines de femmes nues aguichantes, comme solution aux problèmes des prostituées, le film aurait été moins émouvant. Ce n’est qu’une impression me direz-vous.

Peut-être qu’ils et elles auraient même pu finir avec un reportage sur des femmes accusant lesdits Frères Chow – qui opèrent sous le genre de législation que l’ECP et la police de Nouvelle-Zélande sanctifient – de harcèlement et de conditions de travail iniques face à l’avocat des Chow qui leur rétorque d’un air satisfait : « Si la situation était aussi mauvaise que ces femmes le prétendent, pourquoi est-ce-que le Collectif des Prostituées de Nouvelle-Zélande (une organisation quasi-équivalente à l’ECP) soutiendrait les affaires des Frères Chow ? ». Pourquoi hein ? on se le demande bien !

Très bien, je sais ce que vous pensez : « Et alors ? Et si ces méga-bordels n’étaient que des cristallisations contemporaines de l’enfer du « divertissement » ? Et donc ? Et qu’importe si les propriétaires sont de gros sexistes dont l’attirance envers l’industrie du sexe – en plus des machines à sous – n’est que leur envie de cultiver les femmes comme objet sexuel offert à tout homme qui a assez d’argent pour en profiter, et alors ? Ca craint, c’est vrai mais si cela empêche les femmes d’être littéralement tuées, parce que, comme on dit, « ça les garde loin de la rue », eh bien, on devrait probablement s’y faire. Et pourtant !…

Dans la Nouvelle-Zélande post-décriminalisation nous attendons toujours de voir une baisse du nombre de meurtres de femmes prostituées, comparé à la Suède, où est en vigueur le vilain Modèle Nordique, où il n’y a eu aucun meurtre – aucun – de prostituées durant leur travail depuis la mise en place de la réforme. On parle d’un pays qui a presque le double de la population de la Nouvelle-Zélande. Les critiques du Modèle Nordique aiment rétorquer à cette donnée : « nous n’avons pas de données fiables sur les meurtres de prostituées avant le changement de loi », comme pour impliquer que les hommes suédois ne se sont jamais vraiment amusés à tuer des prostituées.

Mais même si c’était le cas, et que ce manque de goût pour le sang était juste une sorte d’élément inviolable de la mentalité suédoise plutôt que le résultat d’efforts communs pour atteindre l’industrie et délégitimer la location des corps de femmes, cela ne change pas le fait que les prostituées ne sont pas tuées en Suède, ni maintenant ni jamais, et donc que les SuédoisES ont vu juste et que nous devrions peut-être y prêter attention. Surtout si l’on va faire une vidéo inquiétante sur les meurtres de femmes qui travaillent dans la rue.

Et voilà qu’intervient plus de propagande. Le film lui-même ne dit pas explicitement que décriminaliser l’industrie va mettre les prostituées hors des rues et dans de nouveaux bordels légaux, mais il combine texte et image de manière à insinuer cette implication au spectateur ou à la spectatrice lambda. Pour expliciter le non-dit : les prostituées de rue travaillent à l’extérieur à cause du manque de disponibilité de bordels, sans pour autant le dire directement. On peut se demander s’ils ne l’explicitent pas parce qu’ils savent que c’est un mensonge. Parce que la recherche montre que la plupart des prostituées de rue travaillent dans ces conditions à cause de problème de drogues dures :

« Le travail sexuel de rue a plus de chance d’être lié aux drogues et beaucoup au Royaume-Uni sont entrées dans l’industrie principalement à cause du besoin d’entretenir une coûteuse addiction à l’héroïne et au crack. Dans ce contexte, le sexe peut être échangé directement pour des drogues, ou les drogues peuvent être procurées par le proxénète en échange de gains. Par conséquence, elles ont tendance à être exposées à de plus forts niveaux de violence et abus de la part des clients et proxénètes que celles qui travaillent à l’intérieur. La pression des clients pour du sexe non-protégé combiné à une dépendance aux drogues et la compétition entre travailleurs-ses pour les clients, pousse les prostituées à accepter du sexe anal ou vaginal non protégé pour plus d’argent. De plus, les travailleuses de rue sont souvent sans domicile, habitant dans des squats ou des repaires à drogue qui peuvent de plus avoir un impact négatif sur leur santé à travers de la tuberculose et d’autres maladies respiratoires. » (Extraits 13,14,4,15,16)

De telles conditions sociales rendent le travail soit dans les bordels illégaux du Royaume-Uni soit dans les bordels légaux d’ailleurs, extrêmement difficile, donc il est difficile d’imaginer comment légaliser les bordels changerait les dures réalités des circonstances de ces femmes.

Je vais maintenant parler de mon expérience parce qu’elle confirme les faits relatés : la plupart des prostituées de rue que j’ai rencontrées se retrouvent rarement dans les bordels plus ou moins légaux du Royaume Uni parce que les profits des maquerelles étaient basés sur un certain degré de fiabilité que les femmes travaillant dans la rue ne pouvaient pas assurer. Quand une femme de la rue entrait de fait dans un bordel pour travailler, d’habitude, elle se faisait assez d’argent pour obtenir son crack ou son héroïne et repartir se balader de nouveau, et même les proxénètes les plus désespérés ne l’autorisaient pas à revenir. Lors de mon expérience dans les bordels légaux de Nouvelle-Zélande, Australie, et Suisse, j’ai vu ce genre de traitement plus de trois fois : les proxénètes avaient de plus fortes restrictions légales quant au « travail » sous narcotiques, une pression au profit plus forte à cause des frais de fonctionnement, et souvent une procédure d’admission plus stricte par rapport aux apparences. Un certain nombre de femmes dans les bordels légaux et illégaux dans lesquels j’ai travaillée avaient certes des problèmes d’alcool et de drogue aussi, mais plutôt dans le genre de l’alcoolique fonctionnelle, fumeuse d’herbe, ou consommatrice de médicaments sous ordonnance. Assez carburées pour supporter, pas assez pour ne pas être en mesure de venir travailler.

Fondamentalement, si c’est le meurtre de femmes très vulnérables qui vous concerne, plutôt que la poursuite d’une stance idéologique qui stipule que la prostitution est un commerce légitime indépendamment de ses conséquences, alors la décriminalisation du proxénétisme n’est pas nécessaire.

Ce dont les femmes dans l’industrie ont besoin c’est d’être décriminalisées en tant qu’individus, capables de tirer un profit pour elles seules, de quoi fermer leurs portes – même si elles « travaillent » là où elles vivent – et une issue de sortie disponible, c’est-à-dire des services d’aide à la désintoxication de drogue et d’alcool, pour quand et si elles veulent partir. Les femmes les plus vulnérables de l’industrie – les femmes dans les rues, les toxicomanes – ne tirent pas avantage de la décriminalisation du proxénétisme.

Et c’est pour cela que je ne suis pas émue par la fourberie du film de l’ECP et c’est pour cela que je ne signerai pas leur pétition. Parce que, précisément, je tiens à garantir sûreté aux prostituées.

*Sergei Eisenstein était un réalisateur russe formaliste et théoricien. Le premier film d’Eisenstein, le très révolutionnaire La Grève a été réalisé en 1924, suite à la publication de son premier article sur les théories du montage dans la revue Lef, éditée par le grand poète Maïakovski. Il proposa une nouvelle forme de montage, le « montage d’attractions », dans lequel des images choisies au hasard indépendantes de l’action, seraient présentées non pas dans un ordre chronologique mais dans la manière qui produirait le maximum d’impact psychologique. »

SVP FAITES UNE PETITE DONATION (https://inpermanentopposition.com/tip/) POUR AIDER RAE STORY QUI COMME TOUTES LES SURVIVANTES DE LA PROSTITUTION PEINE A RETROUVER DE QUOI VIVRE DIGNEMENT, NOTAMMENT POUR LA SOUTENIR EN CE MOMENT DANS LA REDACTION D’UN OUVRAGE RELATANT SON EXPERIENCE PROSTITUTIONNELLE, QUE VOUS POUVEZ PRE-ACHETER : https://publishizer.com/decade/

Traduction : YA pour le collectif Ressources Prostitution
Notre jeunesse (...) est mal élevée. Elle se moque de l'autorité et n'a aucune espèce de respect pour les anciens. Nos enfants d'aujourd'hui (...) ne se lèvent pas quand un vieillard entre dans une pièce. Ils répondent à leurs parents et bavardent au lieu de travailler. Ils sont tout simplement mauvais."
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Re: La prostitution volontaire, pour, contre, s'en branle ?

Messagede Usagi.Chan » 15 Fév 2017, 12:50

L'Irlande adopte le modèle nordique en se dotant d'une loi abolitionniste prévoyant notamment la pénalisation des clients de la prostitution. :pouces:
"If you’re a male person telling a female person to be silent about her experiences of gender and power, you’re not only doing feminism wrong, you’re exemplifying the very values you claim to undermine."
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Re: La prostitution volontaire, pour, contre, s'en branle ?

Messagede Jezebel » 15 Fév 2017, 18:15

Ouais mais j'avoue que la mise en oeuvre en irlande j'apprehende un peu.
Surtout qu'apparemment l'association similaire au mouvement du nid ici avait eu le reproche bien avant de ne pas utiliser suffisemment de ses fonds pour les concernées.
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Re: La prostitution volontaire, pour, contre, s'en branle ?

Messagede akkana » 16 Fév 2017, 13:26

Prise de parole d'une survivante, Rose Sullivan: http://sisyphe.org/spip.php?article5358#.WKUYPs4WWUo
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Re: La prostitution volontaire, pour, contre, s'en branle ?

Messagede roseviolette » 23 Fév 2017, 09:20

Totalement contre.

C'est un non sens total .

Déjà le fait que la prostitution existe, consenti ou pas, c'est alimenté des réseaux car concrètement c'est la grosse majorité des troupes. Loi de la demande et de l'offre...
Quand on peut avoir mieux pour moins cher et qu'on est capable de payer pour ça...
Il faut être très froid quand on réfléchi à cela, et laisser toute naïveté à la porte. Cet argument est en soi auto suffisant. Pour contenter une poignée on alimenta tout un système et des croyances idiotes.

C'est laisser croire à des personnes qu'elles peuvent disposer du corps d'un autre à leur guise moyennant finance. La sexualité n'est pas quelque chose d'anodin, on rentre dans le domaine de l'intime et quoi qu'on en dise ce n'est pas anodin sur le plan psychologique.

Ce n'est en aucun cas un métier comme un autre. Quand quelqu'un me dit ça et que je rétorque que justement sa fille cherche un job d'été, ben il y a comme un malaise...
Faire le ménage dans les chiottes de la gare est un job comme un autre, se faire passer dessus par tous les trains certainement pas.
De manière concrète un vagin n'est pas fait pour "accepter " autant, c'est forcément nocif à long terme ( et le derrière n'en parlons pas!).

A ce moment là pourquoi ne pas accepter quelqu'un dans le besoin puisse vendre un rein, c'est pareil, si il est consentant et que ça le sort de la misère...

Bref totalement contre :cartonR:

Comment gueuler contre l'asservissement des bêtes si l'on accepte l'asservissement humain pour l'éventuel délire d'un pourcentage ridicule de personnes soient disant consentantes ?
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Re: La prostitution volontaire, pour, contre, s'en branle ?

Messagede akkana » 03 Mai 2017, 11:10

En ce moment je suis en train de lire plein de trucs intéressants sur la prostitution, des enquêtes qualitatives et quantitatives.
Par exemple ici, une enquête sur la prostitution étudiante: http://www.amicaledunid.org/images/Rapport-enquete-prostitution-des%20etudiant-es%20Montpellier.pdf
Je le partage car j'ai l'impression qu'on n'a pas forcément développer à ce sujet sur le topic, ça peut donc intéresser des gens.
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Re: La prostitution volontaire, pour, contre, s'en branle ?

Messagede Carotte » 03 Mai 2017, 18:24

Merci akkana, j'ai trouvé aussi cette enquête très intéressante, ça m'intéresse d'autant plus que ma mère enseigne à la fac et elle a eu beaucoup d'étudiantes complètement fauchées qui se prostituaient
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Re: La prostitution volontaire, pour, contre, s'en branle ?

Messagede akkana » 04 Déc 2017, 21:43

« Pourquoi il ne faut pas qualifier la prostitution de « travail sexuel » »
https://ressourcesprostitution.wordpress.com/2014/12/03/pourquoi-il-ne-faut-pas-qualifier-la-prostitution-de-travail-sexuel/

Extraits:

"Qu’y a-t-il donc d’inexact à parler de « travailleurs sexuels »? Tout d’abord, c’est un terme délibérément vague. Il englobe les femmes qui font le trottoir et les escortes, les strip-teaseuses et le téléphone rose, les dominatrices et les vendeurs de sex toys – et même leurs patrons respectifs. De toute évidence, ces activités ne sont pas toutes les mêmes, et toute théorie ou législation qui tente de les traiter comme identiques est passible de s’enliser sur l’objection que le travail sexuel n’est pas tout ça."

"De plus, la notion de « travail sexuel » est soigneusement agnostique à l’égard du genre : l’expression « prostituée » est tellement enracinée dans le féminin qu’il est nécessaire de préciser « homme prostitué » quand on parle d’un homme, alors que le générique « travailleur ou travailleuse sexuelle » suggère aussi bien une femme qu’un homme. Cela peut refléter une bonne intention, mais l’effet est trompeur : la vaste majorité des personnes prostituées sont des femmes, alors que les acheteurs de sexe sont presque exclusivement des hommes. Quand il s’agit de prostitution, la neutralité de genre est mensongère."

" La réputation d’Andrea Dworkin comme SWERF (l’acronyme dédaigneux utilisé pour qualifier les « féministes radicales exclusives des travailleurs du sexe ») a effacé le fait que Dworkin a elle-même été prostituée, et que ce vécu a occupé une place centrale dans son œuvre. « [L]es prémisses de la femme prostituée sont les miennes », a-t-elle dit dans un discours de 1992. « C’est sur leur base que j’agis. . . La prostitution n’est pas une idée. C’est la bouche, le vagin, le rectum, pénétrés souvent par un pénis, parfois par des mains, parfois par des objets, pénétrés par un homme et un autre et encore un autre et encore un autre et encore un autre. »* "

"Donc, si le travail sexuel est un travail, quel genre de travail est-il? L’élément de danger physique amène certains à le comparer à des emplois à haut risque dominés par les hommes, tel celui d’équipier sur une plate-forme pétrolière; mais ces activités extraient généralement une ressource ou une autre et offrent aux travailleurs une prime de risque élevée en regard de travaux comparables. Dans la prostitution, la seule chose produite est l’orgasme d’un homme, et plus la femme est en situation de risque, moins elle est en mesure d’imposer ses conditions. Il se peut donc que le « travail sexuel » appartienne plutôt au genre de tâches subalternes laissées aux femmes, comme le nettoyage et la garde d’enfants (une connexion que justifie l’association de longue date entre l’English Collective of Prostitutes et la campagne Wages for Housework (« Des salaires pour le travail ménager »). Pourtant nous reconnaissons que le travail ménager est un travail même lorsque non rémunéré, alors que le sexe est généralement censé être un plaisir et non une obligation fastidieuse. Donc, cette analogie échoue également."

" En fait, les seuls critères pour entrer en prostitution sont le fait d’avoir un corps pénétrable et qu’un homme soit prêt à payer pour le pénétrer. Les apologistes du « travail sexuel comme travail » aiment à nous rappeler qu’aucune femme ne vend littéralement son corps, puisqu’elle conserve la propriété de sa personne. Mais de toute évidence, ce qui est payé par les prostitueurs relève intégralement du corps : le bien acheté est le droit à accéder au corps de la femme pendant un certain laps de temps et / ou l’exécution d’actes sexuels particuliers. Ce que l’homme achète de la femme n’est pas son travail, mais une licence à usage unique pour pénétrer son corps. Les critiques de la prostitution se font souvent accuser de vouloir contrôler la sexualité féminine, mais il est utile de rappeler que si la prostitution obéissait aux désirs des femmes, il ne serait pas nécessaire de les payer pour qu’elles s’y impliquent : personne n’a plus de pouvoir sur la sexualité d’une femme que l’homme qui la paie pour faciliter son propre orgasme."

"En somme, le « travail sexuel » n’est pas un terme neutre: il traîne tacitement derrière lui des a priori politiques, aussi assurément que toute alternative. Lorsque nous parlons de « travail sexuel », nous souscrivons à l’idée que le sexe est un travail pour les femmes et un loisir pour les hommes, les hommes qui ont le pouvoir social et économique de se comporter en classe de patrons en matière de rapports sexuels. Et le pire, c’est que nous acceptons que le corps des femmes existe comme une ressource à utiliser par d’autres personnes – des personnes de sexe masculin ayant les moyens de payer pour « tirer leurs coups ». La prostitution est une institution économique constituée non seulement des femmes qui vendent leur sexe mais, surtout, des hommes qui créent la demande, commettent la violence et extraient un tribut affectif des femmes avec qui ils ont des rapports sexuels. "
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Re: La prostitution volontaire, pour, contre, s'en branle ?

Messagede akkana » 02 Fév 2018, 10:30

Je viens de voir un article qui fait le lien entre la défense des agresseurs suite au mouvement MeToo par certaines femmes, et leur défense de la prostitution et des prostitueurs. En gros, on se rend compte que toutes celles qui défendent la "liberté d'importuner" défense aussi la "liberté de se prostituer" et les pauvres clients qui ne font rien de mal.
Ce qui en fait n'est pas du tout étonnant.
Quand se rendra-t-on enfin compte de toute l'ampleur de la violence de la prostitution?

http://prostitutionetsociete.fr/eclairage/point-de-vue/article/metoo-les-personnes-prostituees-sont-aussi-des-victimes-de-violences-sexuelles
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Re: La prostitution volontaire, pour, contre, s'en branle ?

Messagede Balika » 02 Fév 2018, 11:25

Merci Akkana pour ces articles très instructifs !

En regardant la vidéo de réaction d'Antastesia à la tribune des "traitresses" du mois de janvier, je me suis justement posé la question de savoir si ces femmes, favorables à un "droit d'importuner", étaient aussi pour la prostitution ou pas. Merci d'apporter un éclairage sur la réponse.
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Re: La prostitution volontaire, pour, contre, s'en branle ?

Messagede Bananefilante » 05 Fév 2018, 17:38

La situation actuelle : la prostitution a toujours existée, les politiques d'interdictions ont systématiquement échoué. Aujourd'hui, la prostitution en France est un monopôle d'Etat. Et certaines personnes liées au milieu sont contre l'interdiction.
CONTRE : la prostitution permet l'esclavagisme et le déracinement de population immigrés.
CONTRE : la prostitution est un important vecteur de maladie, il y a un enjeu de santé publique.
CONTRE : les conditions de travail sont dangereuses dans tout les sens du terme
POUR : il pourrait s'agir d'un moyen de soigner certaines dépressions (ce qui bloque est le montant à rembourser à la SECU au vu des grandes différences de tarification).
POUR : un système de protection pourrait être mit en place pour les travailleurs.
POUR : on ne peut pas empêcher quelqu'un de disposer de son corps comme il l'entend.
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Bananefilante
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